Publié par Collectif Solon

Historique. 

Le traité de Rome fut signé en 1957 entre six pays, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Il instituait la Communauté Économique Européenne (CEE) et faisait suite à la Communauté Économique du Charbon et de l'Acier (CECA) créée en 1950, sur les ruines de la guerre, avec l'idée de l'empêcher définitivement et l'objectif de relever, de développer les six états et de réparer les méfaits matériels et sociaux de la guerre.
Dans les années 70, cet objectif fut étendu aux pays rejoignant la communauté, le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni.
En 1979 eurent lieu l’adhésion de la Grèce et la première élection du parlement.
En 1986 le Portugal et l'Espagne rejoignirent la CEE et bénéficièrent des transferts pour développer leurs territoires démunis.
En 1992, lors du Traité de Maastricht, la CEE devient la Communauté Européenne (CE) ou l'Union Européenne (UE). À la suite, en 1993 le « marché unique » fut achevé, reposant sur les quatre piliers que sont la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux.
Dans les années 90, à la suite de l'effondrement du bloc soviétique, l'UE est rejointe par la République Tchèque, les trois pays baltes (L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie), la Hongrie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie, puis la Bulgarie et la Roumanie. C'est dans ces années que commença à être visible le basculement de l'esprit de l'Union. Celui de la volonté d'investir pour développer les zones défavorisées des pays entrants afin que les activités s'y développent et que les populations y acquièrent un bon niveau de vie en s'ouvrant de nouveaux marchés vers l'exploitation, à des fins de rentabilité immédiate, des différences salariales, fiscales, dans les protections sociales…
Le Royaume-Uni ne fut pas en reste dans ce changement, souvenons-nous du « I want my money back » de madame Thatcher, qui montre bien que l'UE n'était vue que comme un marché et l'occasion de bonnes affaires et qu'il ne s’agissait pas de participer au développement des secteurs déshérités. 
D’ailleurs les anglais ont toujours été fortement présents dans les lieux de décisions de l'UE en matière de commerce.
C’est le 1er juin 1998 que le Banque Centrale Européenne est créée et c’est en 1999 que l'euro devient la monnaie unique de onze états.

L'UE aujourd'hui.

Le pouvoir législatif est assuré par le Conseil de l'Union et le Parlement. Le Conseil de l'Union européenne, dit le Conseil, est aujourd'hui dominant, il réunit les ministres et est présidé à tour de rôle par les ministres des relations extérieures, avec une rotation de six mois. Le nombre de voix de chaque pays est proportionnel à sa population. 
C’est le Parlement qui arrête le budget définitif de l’UE, le mandat du parlement est de cinq ans, son président, actuellement Antonio Tajani, est élu pour un demi-mandat, son siège est à Strasbourg. 
Le pouvoir exécutif est assuré par la Commission européenne. Celle-ci est l'institution qui fait fonctionner l'Union. Son président, actuellement Jean-Claude Juncker, est élu pour cinq ans par le Conseil, suite à une procédure initiée par le Conseil européen, il est depuis peu responsable devant le parlement qui peut le censurer par une majorité des deux tiers.
Le Conseil européen est en fait le sommet des chefs d’Etats et de gouvernement, sa présidence actuelle est assurée par le polonais Donald Tusk, élu par le Conseil européen lui-même pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois. Il « donne à l’Union les impulsions nécessaires à son développement et en définit les orientations politique générales » et représente l’UE vis-à-vis du reste du monde.
Cette situation se complique encore quand on sait qu’un Conseil de l’Europe siège aussi à Strasbourg mais qu’il n’a rien à voir avec l’UE.

Le bilan.

L'Europe c'est 7 % de la population mondiale, 25 % de la production mondiale, 50 % des prestations sociales de la planète et 100 % de la vie démocratique (1).
Mais elle ne profite pas de sa force, de ses 500 millions de consommateurs solvables au sein d'un marché aux standards uniques, pour réguler le capitalisme, la finance et pour s'intégrer dans l'évolution technologique actuelle. L'UE est ballotée par l'extérieur.
Il y a cependant des acquis, qui s'ils disparaissaient nous manqueraient sûrement. La liberté de circulation, en particulier des étudiants et maintenant des apprentis, la protection de la vie privée, l'existence de l'euro qui avec tous ses défauts a quand même permis une réponse coordonnée à la crise financière récente, la protection de l'environnement et l'UE est aussi un facteur apaisant sur la planète.
Mais il y a eu une réponse que l'on peut qualifier de sauvage à la crise financière commencée en 2008. Le PIB de l'UE a diminué, il y a eu des coupes sociales importantes dans les pays les plus affectés par la crise (retraites, santé, baisse des salaires, licenciements facilités…). Heureusement les états n'ont pas dans leur ensemble suivi les recommandations de l'OCDE demandant d'asseoir la protection sociale sur le deuxième pilier du financement privé. 
Le chômage des jeunes dans l'UE est en moyenne de 24 %, de plus de 50 % en Grèce et en Espagne, de 40 % en Italie… Il y a le risque que se créent deux zones en Europe, nord et sud, avec transfert des jeunes qualifiés vers le nord.
Cette crise a au moins eu le mérite de faire tomber quelques tabous de l'UE institués par le traité de Maastricht, comme l'interdiction de soutenir financièrement un état membre. Il y a même eu la création d'un mécanisme européen de stabilité et l'interdiction faite à la BCE d'acheter des titres de dettes des états ou de soutenir un état, en l'occurrence la Grèce, tout en sauvegardant les apparences et ceci, pour ménager la grande susceptibilité monétaire des allemands.
D'autres crises, qui demandent des réponses parfois difficiles, sont l'afflux de réfugiés et les attentats. 

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1- Cité par Pascal Lamy,  « Quand la France s'éveillera », O. Jacob éd, 2014.

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