Publié par Collectif Solon

Nous entrons dans une période où l'élection présidentielle va prendre de plus en plus de place dans l’actualité politique. Au bal des « égos » va succéder le catalogue des « promesses qui ne seront pas tenues ». Ce qui devrait être un temps fort pour la démocratie pourrait au contraire éloigner un peu plus nos concitoyens de la vie politique, faire croître l’abstentionnisme et renforcer les populistes et démagogues de tous bords.
Contribuer à modifier l'image de plus en plus négative que nos concitoyens se font de la classe politique et d'une manière plus générale l'opinion qu'ils se font de nos élites dirigeantes, relève de l'urgence démocratique.
Nos intellectuels ne tomberaient pas dans la fange en s'interrogeant sur les sujets qui pourraient correspondre à l'attente de nos concitoyens vis à vis de leurs élus.

Deux sujets sont prioritaires :

1) Une éthique contraignante de la vie publique

Pour ne puiser que dans l’actualité : la tiédeur des instances européennes pour réagir à l’arrivée de Barroso chez Goldman-Sachs ; les copains de la promotion Voltaire ; le procès Cahuzac ; le pantouflage d'influence à l'intersection entre l'Etat et le marché des cabinets ministériels ; la société offshore aux Bahamas d'une commissaire européenne…
Le sentiment d'une trahison morale de nos élites est aujourd'hui très fort chez nos concitoyens, il atteint un niveau dangereux pour la démocratie.
Les médias qui se régalent de faire leurs titres sur de nouveaux « scandales » sont également concernés. Certaines de leurs pratiques ne relèvent pas du journalisme mais de la désinformation et de la manipulation.
Il ne s'agit pas de tomber dans le « tous pourris » mais de mettre fin à la régression morale des élites, il s’agit de formuler des règles claires et contraignantes et ensuite de les appliquer.
D'ailleurs la réglementation actuelle est-elle appliquée ?

2) Un « agenda républicain » de la mise en mettre œuvre d’un certain nombre de réformes pour moderniser notre économie et assurer la pérennité de notre modèle social

François Hollande pense « que le clivage gauche-droite reste fondateur de la démocratie ».
Il a certainement raison. Mais cela n'est pas incompatible avec la recherche d'un accord sur un agenda de la mise en œuvre des réformes indispensables et urgentes.
Réformes qui sont jugées indispensables par les experts qui de rapport en rapport formulent les mêmes analyses et les mêmes propositions. Elles le sont également par une majorité de nos concitoyens.
Réformes que nos élus s'efforcent de mettre en œuvre lorsqu'ils sont au gouvernement et qu’ils s’efforcent de rendre impossibles quand ils sont dans l'opposition. Quitte à passer des accords contre-nature avec ceux dont les privilèges pourraient être mis en cause par les réformes projetées.
Nos concitoyens ont montré à l’occasion des récents attentats terroristes qu'ils souhaitaient très majoritairement rester unis dans l'épreuve. Ce qui n'a pas été le cas d'une partie de la classe politique qui a privilégié la recherche d'un bénéfice électoral immédiat.
S'il est vrai que « le clivage gauche-droite reste fondateur de la démocratie », il est vrai aussi que son usage abusif et quelquefois caricatural, à des fins d'ambition ou d’opportunité électorales, peut être nocif pour la démocratie.
On ne peut rester insensible au fait que nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur leur avenir et celui de leurs enfants et qu'ils attendent de leurs élus une « feuille de route » crédible et opérationnelle pour réanimer et dynamiser l'économie de notre pays et ainsi garantir l'avenir de notre système social.
 
Leur proposer une nouvelle fois d'adhérer à l'idée que l'on a enfin trouvé la « solution miracle », c'est d'abord sous-estimer leur bon sens et ensuite c’est courir le risque qu'un nombre de plus en plus important d'entre eux se laisse séduire par l'idée que la solution de leurs problèmes est peut-être à rechercher en dehors du cadre républicain.  

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