Publié par Collectif Solon

L’an I de la République, c’est 1792 et elle n’a duré que moins de deux ans.
Il faudra attendre 1848 pour qu’arrive la seconde République, après que le pays ait dû vivre sous les régimes successifs du Directoire, du Consulat, de l’Empire, de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.
La troisième République n’apparaît qu’en 1875 et elle n’a été acquise qu’à une voix de majorité, après l’intermède du second Empire.
La quatrième naît en 1946 et ne voit le jour que sous deux projets constitutionnels.
Enfin, l’actuelle, la cinquième République apparaît en 1958 et depuis, la constitution a été modifiée plusieurs fois.
La genèse de notre République montre ainsi les soubresauts nombreux de sa naissance, la lenteur et le tâtonnement de l’installation de ses valeurs et aujourd’hui, pour quelques-uns, sa contestation.

Quelles sont les valeurs de la République que nous avons à défendre ensemble ?
Incontestablement, celles de sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité », même si ce dernier terme, et pourtant peut-être pas le moins important, est arrivé tardivement en 1848.
Egalement, une autre valeur très importante qui figure dans notre constitution est la laïcité.
Et enfin, la Loi, les Lois et, en particulier, celle constitutionnelle qui associe au devoir de travailler, le droit d’obtenir un emploi.
Dans la définition admirable qu’en a donné la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », conduit au paradoxe que, dans les rapports entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime.

Donc la liberté, mais aussi la loi.
L’Egalité bien sûr, l’égalité des droits, mais pas seulement parce que, est-ce de l’égalité quand encore aujourd’hui et à qualification égale, les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes ? Est-ce de l’égalité quand les écarts de salaire vont de 1 à 400 et plus ? Est-ce de l’égalité quand en termes de patrimoine, beaucoup n’ont à peu près rien et quelques-uns plusieurs dizaines de milliards d’euros ?
Alors, l’égalité bien sûr, mais pas seulement en termes de droits. Il faut d’ailleurs remarquer que les atteintes à la liberté ou les manquements à l’égalité peuvent se voir contester devant les tribunaux ou devant d’autres instances institutionnelles.
Ce n’est pas le cas de la Fraternité pourtant essentielle dans le concept du vivre ensemble mais qui n’apparaît qu’à des moments de l’histoire et le plus souvent en réaction à un ennemi, à un adversaire, ou à un évènement exceptionnel et traumatisant. C’est alors que l’on fraternise.
Mais la non fraternité n’est punissable devant aucun tribunal. L’anti fraternité, le mot, n’existe pas, le délit non plus. La fraternité n’est hélas qu’un moment.

Bien sûr et c’est par son éloge qu’il faut terminer, le Laïcité.
Le concept et le mot ont suscité beaucoup de commentaires. Pour la République Française, la laïcité est la conception de l’Etat dans laquelle toutes les religions sont reconnues (le Ministre de l’Intérieur est aussi dans sa titulature Ministre des Cultes) mais sont exclues du champ politique ; conception qui a pour corollaire que les citoyens ou éventuellement même les résidents non citoyens adeptes d’une religion doivent se soumettre aux Lois de la République.
Dans la République Française, l’Etat est laïque mais la société française elle, ne l’est hélas que partiellement.

Défendre ensemble les valeurs de la République, c’est défendre la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité et c’est aussi défendre la loi, à la condition expresse qu'elle ait été démocratiquement élaborée et qu'elle fasse progresser des valeurs que notre société a progressivement constitué au cours de son histoire pour nous permettre de vivre ensemble pacifiquement.

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